Ce rocher est situé à une dizaine de mètres de la butte Saint-Michel ; il est recouvert seulement lors des grandes marées.

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Il a toujours été dit à son sujet que les éleveurs piriacais embarquaient autrefois leur bétail de cet endroit, à destination de l'Ile Dumet, pour lui refaire une santé pendant la belle saison.

Jusqu'à maintenant cette explication a été accueillie avec scepticisme ; cependant les noms de lieux ont souvent  des origines qui se transmettent de bouche à oreille, de générations en générations, sans autre forme d'explication confirmée, mais qui porte à réflexion.

Or une lecture plus approfondie des souvenirs d'Edouard Richer, qui est venu à Piriac en 1823, notamment ceux relatifs à une excursion sur l'ile Dumet, nous apporte des renseignements précieux qui nous permettent d'avoir confirmation des déclarations de nos anciens.

Extraits de la lettre 7ème du voyage en Loire-Inférieure, Nantes, 1823 :

"C'est une prairie charmante que recouvre souvent le trèfle, les marguerites, les violettes et les renoncules. Pas un arbre il est vrai, mais aussi pas une bruyère, pas un roseau.A côté du port sont les restes d''un corps de garde. Plus loin se trouve une source d'eau potable entourée de murs. Elle est utile aux bestiaux que l'on met à l'engrais sur cet îlot si fertile. En peu de temps, les animaux acquierent une force et une vigueur étonnantes. Les chevaux surtout y deviennent presque sauvages, ils s'enfuient de loin à votre approche. Les troupeaux sans gardien, qui errent sur l'ile, n'en sont pas les seuls habitants ; les mouettes et les goélands y séjournent en grand nombre.."

Il est donc maintenant certain que les éleveurs de la côte encadrant la baie de Vilaine utilisaient l'ile Dumet comme pâturage et cette habitude a perduré au moins jusqu'au début du 19e siècle. Mais alors se pose la question : par quel moyen les troupeaux étaient-ils transportés sue cette prairie éloignée du continent de plus de 6 km ? Cela ne pouvait être qu'avec des barges, les chaloupes des pêcheurs étant inadaptées.

Si les souvenirs d' Edouard Richer nous pemettent de lever un coin du voile qui nous dissimule encore quelques inconnues, nous pouvons tout de même conclure, sans trop d'incertitude, que le rivage du quartier Saint-michel, au 17e siècle, avant le séisme, allait bien au moins à la hauteur du Rocher des vaches.

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source : article de Georges Garnier dans une revue Pen Kiriak  1997