Les légendes et les formes ont fait appel à l'imaginaire des autochtones pour donner un nom à des rochers et à des grottes. Nous vous avons présenté précedemment, les rochers dont le nom est lié à la légende d'Almanzor et d' Iseult ( le tombeau d'Almanzor, la grotte à Madame et ses dents (rocher de Kelenn), des rochers de falaise  dont la forme évoque une couette, des oreillers, un chandelier.

Nous avons sur la côte piriacaise d'autres toponymes liés à la forme des rochers  ou de la falaise tels que :

LA GRANDE BUTTE

LA TABLE DU DIABLE, rocher noir et platblog Pointe de la croix 001

PLATEAU DE BRAMBEL, ou rocher de Brambel,  nom qui vient du breton BRAN, la hauteur arrondie et BEL ou PEL, le plus éloigné. ,

LE TROU DE LA DRAGUE

PUITS DE RIO MORE, vient du breton Rui er Mor, la rue de la mer

LE GRAND ET LE PETIT NORWEN, le grand et le petit rocher du Nord

LE GRAND ET LE PETIT BROUILLIS OU BOUSQUI, le grand et le petit bossu

LE GLO, rocher en forme de cloche

PEN DOUAT, le bout de la terre

POINTE DU CASTELLI : La pointe du Castelli à Piriac est, avec la pointe du Croisic, l’extrème avancée à l’ouest du département. Le nom de «  castelli » ne vient pas du latin mais du breton « Kastellik » ou « castellic » , le petit château, donné à cet éperon de mer et prononcé Castelli tout comme « piria » à l’époque et jusqu’en 1900. Mais ce nom ne semble remonter qu’au 15e ou au 16e siècle. Il serait alors contemporain du château de Kerjean ( Kastel Pyriac ou château Pyriac sur les cartes d’époque. Mais avant de porter ce nom, la pointe c’était Pen KiriakNom d’origine très indisctable et transcit sans latinisation dans le cartulaire de Redon aux 10e et 11e siècle sous des variantes proches.

pointe du castelli

LE PASSAGE DE LA MARIEE, passage dans une falaise qui évoquait une porte, aujourd'hui le dessus s'est écroulé.

Ce passage donne accés à la plage du Poulaire.

Passage de la mariée LE POULAIRE

 

LE GRINSARD, rocher sur lequel se dresse le tombeau d'Almanzor. D'après Quilgars, il s'agit un éponyme, forme péjorative du grincheux.

LE CANAPE, rocher plat

LE LAMPRON, ou peut-être lamperon, rocher qui aurait donc la forme d'un lamperon de chandelier dans lequel on mettait l'huile.

 

 

ENFIN deux ilots dont les appelations ne nous sont pas encore expliquées :

Nous pourrions dire comme Emile Letertre :" Pourquoi solliciter l'histoire et ne pas accepter ses silences"

L'igonne noire ( au dessus du plateau de Brambel)

Le ligogne ( entre Port -Esther et Port-au-loup)

 

DEUX GROTTES,  TOPONYMES inspirés de légendes :

La roche la plus résistante à l’érosion, le kieselschiefer, reste souvent seul sur la côte en masse carrée comme des maisons et d’autrefois les grottes qu’il forme plongent sous la colline sans que l’on puisse en découvrir le fond .

GROTTE DU CHAT

Telle LA GROTTE DU CHAT : Edouard Richer en dit « qu’on peut y pénétrer facilement jusqu’à une profondeur de plus de cent pieds , conduit si l’on en croit la tradition populaire, à plus d’une demi_lieue dans les terres. Un chat jeté dans cette grotte, forcé d’en sortit par la mer qui en fermait l’entrée, a reparu..près du village de Campsilion » Il dit aussi que cette grotte est aussi appelée « la GROTTE DU KOURICAN. Aristide Monnier quant à lui parle de LA GROTTE DES KORRIGANS »

En fait la clé du nom est peut être dans l’œuvre de RICHER , naturaliste qui inventorie la faune de Piriac et qui remarque « cette année la rive présente souvent un grand nombre de laplysies d’épilantes, vulgairement appelés chat de mer et dont on croyait la liqueur violette capable d’occasionner la dépilation. »L’appel à la faune marine pour dénommer un site semblable et somme toute logique et non sans exemples.Ainsi à Batz il ya « la fente aux pouce-pieds, la pointe des aiguillettes, l’ile aux sardines…

 

LE TROU DU MOINE FOU 

Dans un aveu du 17e siècle on trouve un ondonyme terrestre s’y rapprochant : on y parle « d’un bout de chemin qui conduit de Penharan au Sclusigo et d’autre bout autre chemin appelé le chemin du moine » On peut aisément localiser ce chemin débouchant près du site où se trouve le trou du moine fou .C’est là que les dames qui prenaient les bains de mer, quittaient leurs vêtements . En fait cette grotte a peut_être tout simplement, abrité un religieux en quête d’un ermitage isolé .

 source : Emile Letertre et Michel Garnier