Un grand merci à tous les visiteurs de l’exposition «Toponymie» qui s’est tenue à la maison du patrimoine de Mesquer, fin octobre 2011. Cette exposition faisait le point sur les recherches menées à Mesquer, Piriac et Penestin, par notre groupe de «toponymistes amateurs».Les remarques notées sur le livre d’or par les visiteurs de l’exposition et les suggestions transmises directement sur notre site internet nous ont incités à approfondir nos recherches sur l’origine de «Mesquer».

En effet dans un article précédent, nous citions un extrait de « La Boucle du Mès», écrit en 1972 par L’abbé Mercier et Yves Horeau  proposant une première hypothèse concernant cette étymologie. Or la lecture d’un texte, publié dans le N° 48 des Cahiers du pays de guérande, sous la plume d’Yves Horeau, a retenu toute notre attention.

Yves Horeau, co-auteur de «La Boucle du Mès» écrit que « Le Père Mercier [à la recherche d’un titre] eut l’idée de combiner deux notices empruntés aux érudits locaux, à Amédée de Francheville et Henri Quilgars...» et il conclut son article ainsi «le Mès a sans doute été inventé en 1853, mais à part quelques érudits, personne ne s'en était aperçu jusqu’à ce qu’en 1972, le Père Mercier et moi lui ayons donné une existence publique...».

Dans cet article, Yves Horeau nous livre les étapes qui l’ont amené comme il le note «à faire amende honorable...». D’abord, il y a eu ce courrier de son ami Fernand Guériff, en 1983 qui le mettait en garde à propos du Mès «...Il s’avère que ce ruisseau n’a jamais existé ... aucun acte ancien (à ma connaissance) ne donne le nom de Mès à ce ruisseau de pondarmes...on disait l’étier de Pigneux ou l’étier de la Barre

Puis évoquant les notices sur Mesquer dans le «Dictionnaire historique et géographique de Bretagne» de Jean-Baptiste Ogée en 1778-1780 et dans le «Dictionnaire historique, géographique et topographique de l’ancien comté nantais» de Macé de Vaudoré en 1836, Yves Horeau constate que ni l’un, ni l’autre «...n’avait rien dit du Mès»...
De plus, ce dernier rappelle que «Paul Quentel, un spécialiste, [signalait] à Fernand Guériff [que] le mot Mès vient de Maez ...qui signifie champ clos, ouvert...»
Enfin poursuivant son argumentation, Yves Horeau souligne que le préfixe «Mès» est largement «représenté dans la Presqu’île ...[ainsi] Henri Quilgars compte 17 noms de lieux à Guérande, 9 à Mesquer,.. 3 à Escoublac» et il conclut «n’est-on pas en droit de penser que le nom propre d’un ruisseau puisse expliquer Mesquer, Mesquery et Pondarmes?» 

Voilà bien du grain à moudre ...

Pour conclure, nous vous proposons cet extrait de la notice «litigieuse» rédigée par Amédée de Francheville lors de l’actualisation en 1843-1853 du Dictionnaire historique et géographique de Bretagne» de Jean-Baptiste Ogée :
«Mesquer ou plutôt «MesKaer» signifie en langue bretonne le «joli Mes». Cette commune doit son nom à un ruisseau nommé le «Mès» qui se jette dans la baie de «Pen-Bay», après avoir reçu la plus grande partie des eaux de Guérande».