Extrait d’un article de Gildas Buron dans une revue de Pen-Kiriak de 1988 :

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Le carré plat se situe dans l’anse de Lérat et le carré douce face à Port Labé.

Carré douce s’applique à un « bassin d’eau douce découvrant à marée basse ».

CARRE_PLAT_ET_CARRE_DOUCE

 

Carré plat est de toute évidence, « une roche plate »

On trouve aussi « rohplat » sur la carte de Cassini, face au Closio, avant la pointe du Castelli.

 

On peut rapprocher ces éléments de la carte de Cassini qui signale entre l’anse de La Turballe et la pointe de Belmont un « port salle de Caretran »

 

Le mot «  carré » vient du breton «  karreg » le rocher.

C’est donc une roche dans le parler britto-roman des marins de Piriac et de La Turballe au 17e et 18e siècle.

A la fin du 19e dans le dialecte du bourg de Batz le mot karreg est devenu «  gareik », le rocher et «  garegi », les rochers.

 

Cet appelatif est connu dans la toponymie nautique du Pays guérandais dès 1516 par un compte de miseurs du port du Croisic dont Caillo a publié de larges extraits de ce document dans son « histoire du Croisic ». On peut y lire… »près du rocher nommé carec , en Sauzon » Caillo prétend à l’existence d’un quartier du Croisic nommé Sauzon. Or ici « en » n’est pas la préposition de lieu française mais l’article défini breton « aux ». C’est le rocher aux saxons (anglais) – la virgule après le mot « carec » est de trop.

 

Compte tenu de ces éléments, il paraît improbable que « carré douce, carré plat et care tran » soient des formations authentiquement bretonnes pour lesquelles nous attendions des francisations « carré zouce, carré blat et carré dran ».

Donc avant de se fixer dans la toponymie nautique nous gardons l’hypothése du mot « carré » emprunté au breton « karreg »

Pour Gildas Buron , cette hypothèse fut sa conclusion « provisoire » .

 

De son côté Michel Garnier dans son article «  de pen en porh, de men en roh ( revue de Pen-Kiriak en 2006 :

Les rochers proches du littoral ont des noms en rapport direct avec la grande diversité de leur forme .

Si « roh et Men » semblent réservé aux rochers les plus éloignés souvent étendus ou à tout le moins bien isolés, il n’est pas étonnant de retrouver ici, plusieurs fois, « karreg » terme fréquent un peu partout en Bretagne. La chute du « g » terminal et le remplacement du « a » par un « i » peut cependant le rendre peu reconnaissable.

 

Ainsi le « karréplat » : le rocher plat, émerge du sable de lérat.

 

Le « carrédouce » ou «  karregdous » borde l’anse de Porh Nabé.

Le rocher ne présente aucun caractère particulier sinon des surfaces lisses arrondies mais qui ne sont pas inhabituelles dans le granit. L’explication la plus probable au déterminant « dous » semble être la présence d’une source d’eau douce le long de ces rochers à la limite inférieure de la plage.

 

( on retrouve cette source d’eau douce dans l’analyse de Gildas Buron).