Nommer le monde qui est le nôtre est une vaste et noble tâche à laquelle se consacre une discipline bien particulière, la toponymie.

LA TOPONYMIE, du grec «  topos » le lieu et « onoma » le nom, est cette discipline qui étudie les noms de lieux, ou toponymes, leur formation, leur évolution ….

  

Vaste sujet car il touche de nombreux domaines : Entre autres :

 - les hagiotoponymes, il s'agit des toponymes provenant d'un nom de saint.

- les hydronymes , il s'agit des toponymes référant à l’ eau , tels que les cours d'eau,      plan d'eau, source, chute d'eau,

- les microtoponymes (parcelles, champs) peuvent renvoyer à des anecdotes historiques

- les oronymes, sont des noms de montagnes

- les anthroponymes ou patronymes, rattachés à des noms de personnes ayant séjourné ou fréquentant les lieux

- les ethnonymes sont les noms des habitants d’une ville, d’une région, d’un pays…

 

On recherche la signification des noms, leur étymologie tout en tenant compte des diverses transformations qu’ils ont subies à travers les siècles.

Les documents anciens nous permettent de connaître des formes ou des orthographes utilisées par le passé.

La "Carte de Cassini", (XVIIIe), plus ancienne des cartes de la France entière, comporte d'intéressants renseignements sur l'évolution de la toponymie et des voies de communication ... bien que ces cartographes se fondaient souvent sur la phonétique des noms, ne connaissant pas toujours les langues et dialectes ( *non « patois ») locaux.

Connaître l’histoire et la langue d’un lieu est souvent nécessaire, compte tenu des sensibilités locales et régionales.

La consultation d’un cadastre, d’une carte ou d’un panneau nous place en présence de nombreux noms de lieux dont la signification nous échappe au point parfois que l’on n’imagine pas qu’il puisse y en avoir une.

 Les traditions locales et populaires sont également des sources à ne pas négliger.

 La toponymie est le langage du territoire.

Si un toponyme doit permettre d’identifier précisément un détail géographique localisé, il n’a pas été attribué par l’homme de façon arbitraire, de nombreuses causes sont à son origine : la description du paysage, l’évocation des activités que les habitants y exerçaient, la société qui les a créés, les évènements qui ont présidé à leur naissance, leur diffusion, leur évolution.

Donner un nom à un lieu c’est en confirmer l’existence, c’est en faire un moyen de communication et lui offrir un espace dans la mémoire collective.

C’est aussi rattacher l’homme à ses racines.

 

En conclusion :

 Il faut mériter son territoire, le respecter, le comprendre, en décoder le contenu et la mémoire qu’il recèle. Il faut apprendre à la jeunesse  qu’une des voies d’accès à la connaissance du territoire réside dans la toponymie. Au temps où l’on enseignait une géographie de nomenclature faite de listes de noms à mémoriser, on faisait apprendre par cœur les noms de villes, de capitales, de régions, de rivières, les plus grandes d’abord, sans se soucier du témoignage dont ils étaient porteurs.

La fonction pédagogique de la toponymie, dûment valorisée, apporte donc sa contribution à la consolidation de la conscience territoriale, base essentielle de la cohésion et de la cohérence d’une société.

La toponymie se doit de ne pas être sectaire, car rien n’est réellement prouvé. Certes, certaines hypothèses sont fantaisistes, mais nous les rapportons aussi, sciemment, pour le clin d’œil qui amuse certains lecteurs.

Elle est  traitée différemment selon les auteurs, scientifiques ou littéraires, qui se contredisent parfois, chacun ayant une analyse , une approche, différente. Les deux se complètent, c’est pourquoi nous tenons à présenter toutes les hypothèses, et à mettre en exergue la version qui semble la plus probable, à retenir..

 

* En France, le terme "patois" est dévalorisant : le terme résulte en France d'une lente aliénation culturelle par laquelle les autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue autre que le français officiel que leur langue n'en était pas une, qu'elle n'était qu'un « Langage rustique, grossier, comme est celui d'un paysan, ou du bas peuple ».

 source: wikipedia et site internet  quebecois de toponymie